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30. John Constable

30. John Constable

East Bergholt, Suffolk 1776 – 1837 Londres

Vue de jardins à Hampstead, avec un sureau, vers 1821-1822

Constable quitta son Suffolk natal en 1817 pour s’installer à Londres. Son épouse Maria1 étant de santé fragile, la famille prit l’habitude à partir de la naissance de leur deuxième enfant en 18192 de passer l’été à Hampstead où l’air était plus sain. Au début du XIXe siècle, Hampstead, situé à quelques kilomètres au nord de Londres, n’était encore qu’un village et cette destination permettait à la famille de goûter à une vie rurale tout en bénéficiant de la proximité de la capitale.

Outre de grands paysages, l’artiste y réalisa sa célèbre série d’études de nuages3 ainsi que des esquisses de venelles et de recoins cachés. Cette vue fut vraisemblablement prise depuis le jardin ou la fenêtre du 2, Lower Terrace, un cottage que l’artiste loua au cours des étés 1821 et 1822, dans la partie ouest de Hampstead Heath4. D’autres vues peintes depuis ou à proximité du même cottage sont connues, telle que la Vue d’un jardin avec une maison rouge au loin5 ou la Vue de Lower Terrace, Hampstead6 qui représente les édifices voisins situés aux numéros 3 et 47.

On retrouve dans cette Vue de jardins à Hampstead, avec un sureau la spontanéité qui caractérise la touche de Constable. L’imposant cumulus a été brossé avec rapidité, en larges traits avec des zones d’empâtement, tandis que les blanches ombelles des fleurs de sureau sont rendues délicatement par des petites touches de peinture.

John Constable aimait prendre cet arbre pour motif et représenta un sureau chargé de fleurs blanches dans une autre esquisse conservée à Dublin8. À cette inclination vient s’ajouter dans cette œuvre l’attachement affectif de l’artiste. On peut présumer qu’il s’agit de la vue qu’avait l’épouse du peintre depuis sa chambre du premier étage, dans leur logement de Hampstead. Constable fut profondément affecté par la disparition de son épouse, emportée par la tuberculose en 1828. Il écrivit en 1835, au mois de juin, période de floraison du sureau : « Jamais je n’ai vu le bosquet de sureau aussi abondamment fleuri […]. C’est mon préféré et il le fut toujours – mais c’est la mélancolie »9.

Parmi les œuvres de la Fondation Custodia, seules trois peintures de l’école anglaise, une huile sur panneau de Richard Parkes Bonington (1802–1828)10 et deux portraits11, sont des acquisitions de Frits Lugt (1884–1970). Aujourd’hui, dix-neuf œuvres peintes de la main d’artistes britanniques12, toutes acquises sous le directorat de Ger Luijten13, forment un admirable ensemble dont cette Vue de jardins à Hampstead, avec un sureau est le fleuron.

Marie-Liesse Choueiry

1John Constable épousa Maria Elizabeth Bicknell (1788–1828) en 1816, en dépit des réticences de la famille de la jeune femme.

2Maria Louisa, dite « Minna » (1819–1885).

3Edward Morris, Constable’s Clouds. Paintings and Cloud Studies by John Constable, cat. exp. Liverpool (Walker Art Gallery), Édimbourg (National Galleries of Scotland), 2000, p. 59-91, nos 33-62.

4L’édifice existe encore aujourd’hui, l’adresse est restée inchangée. Constable travaillait également depuis un atelier tout proche. Il écrivit en août 1821 à son ami Fisher : « I have got a room at the glaziers down town as a workshop where is my large picture – and at this little place I have [sundry] small works going on » (Ronald Brymer Beckett, John Constable’s Correspondence, vol. VI The Fishers, Ipswich, 1968, p. 71).

5Huile sur toile, 35,5 × 30,5 cm, Londres, Victoria & Albert Museum, inv. 136-1888 ; Graham Reynolds, The Later Paintings and Drawings of John Constable, New Haven, 1984, vol. I, p. 93, n° 21.104, vol. II, pl. 307.

6Huile sur toile, vers 1822, 24,8 × 35, 2 cm, Londres, Victoria & Albert Museum, inv. 584-1888 ; ibid., vol. I, p. 93-94, n° 21.105, vol. II, pl. 302.

7Ajoutons deux exemples supplémentaires : Vue d’un jardin, avec un abri sur la gauche, vers 1821, huile sur papier, contrecollé sur toile, 30,2 × 23,8 cm, Londres, Victoria & Albert Museum, inv. 133-1888 ; ibid., vol. I, p. 93, n° 21.103, vol. II, pl. 306 et La Corde à linge, vers 1821, huile sur toile, 15,88 × 15,88 cm, Pittsburgh, Carnegie Museum of Art, inv. 2000.21 ; ibid., vol. I, p. 94, n° 21.109, vol. II, pl. 309.

8Le Sureau, 1820-1825, huile sur carton, 28,6 × 22,3 cm, Dublin, Hugh Lane Gallery, inv. 537 ; ibid., vol. I, p. 95-96, n° 21.115, vol. II, pl. 315.

9Lettre du 21 juin 1835 : « I never saw the elder bushes so filled with blossom, they are quite beautifull [sic] & some of their blossom forshortened as they curve over the round head of the tree itself are quite elegant. It is a favourite of mine & always was but ‘tis melancholy » (Ronald Brymer Beckett, John Constable’s Correspondence, vol. III Correspondence with C. R. Leslie, R. A., Ipswich, 1965, p. 126).

10Richard Parkes Bonington, La Giudecca à Venise, 1826, huile sur carton, 24,8 × 31,7 cm, inv. 2762.

11Nathaniel Dance (1735–1811), Portrait de Miss Ogle, huile sur toile, 75 × 60,5 cm, inv. 7215 ; Joshua Reynolds (1723–1792), Étude pour un portrait de femme, huile sur toile, 40,8 × 31 cm, inv. 3942.

12Pour les dessins anglais de la collection, voir Olivier Meslay, Aquarelles et dessins anglais : une promenade, cat. exp. Paris (Fondation Custodia), 2001.

13Ger Luijten a consacré un article aux études à l’huile britanniques de la collection de la Fondation Custodia : « Esquisses à l’huile d’artistes britanniques », E-Newsletter Fondation Custodia, n° 13, novembre 2020.